Drainage lymphatique manuel

Le drainage lymphatique manuel est la technique la plus efficace pour traiter un œdème après traitement du cancer du sein. La prise en charge d’un lymphœdème est essentiellement basée sur la kinésithérapie et la compréhension de cette pathologie

Généralités

Plus d’une patiente sur cinq présentant un cancer du sein peuvent par la suite développer un lymphœdème. Conséquence d’une chirurgie et/ou d’une radiothérapie d’un cancer du sein, le lymphœdème lié au cancer du sein (LLCS) est un gonflement qui survient généralement dans le bras, mais peut également atteindre la poitrine ou la paroi thoracique.

L’apparition de ce lymphœdème est liée à l’altération des voies superficielles de drainage lymphatique. En effet, durant le traitement, les ganglions lymphatiques, situés dans le creux de l’aisselle, sont prélevés afin de connaître le stade de l’évolution du cancer du sein. Les séquelles cicatricielles de ce geste chirurgical alliées aux effets secondaires du traitement par radiothérapie peuvent atténuer le bon drainage du bras. Il en résulte à court ou long terme :

  • Un déséquilibre entre l’apport de liquide nourricier, par le sang artériel, et son drainage, par les voies de retour veineuses et lymphatiques
  • Un déficit d’évacuation d’éléments « hydrophiles » (qui attirent l’eau) créant le lymphœdème
  • Un déficit d’évacuation des déchets du fonctionnement cellulaire, censés être filtrés par les ganglions de l’aisselle.

Actuellement, le risque de lymphœdème tend à diminuer grâce à l’évolution des techniques chirurgicales. Cependant, lorsqu’il survient, le LLCS peut impacter de manière négative le bien-être, le fonctionnement et la qualité de vie de la patiente. La prise en charge d’un lymphœdème est essentiellement basée sur la kinésithérapie, grâce au drainage lymphatique manuel (DLM), et la compréhension de cette pathologie. En effet, la prise de conscience par la patiente de la conduite à tenir permet de réduire l’œdème ou d’en contenir le volume et d’éviter les situations à risque.

A noter qu’il existe deux méthodes principales en DLM :

  • La méthode Vodder : l’évacuation de la lymphe se fait à l’aide de mouvements circulaires réalisés à l’aide de la main, en faisant varier la pression
  • La méthode Leduc : elle combine le drainage lymphatique manuel à l’utilisation d’appareils de pressothérapie.

Indications

Le drainage lymphatique manuel est fortement conseillé après une chirurgie mammaire post cancer du sein et/ou un curage ganglionnaire, afin de stimuler la circulation de la lymphe et de détoxiquer l’organisme, tout en renforçant le système immunitaire.

Déroulement

Le drainage lymphatique manuel (DLM) constitue l’essentiel des séances de kinésithérapie. La durée d’une séance varie de 1h à 1h 30. La patiente dénudée est allongée sur une table de massage et le kinésithérapeute exécute une série de mouvements lents et doux, semblables à l’effet d’une vague, qui créent un effet de pompage. Le but est de drainer les liquides excédentaires présents dans les tissus et d’améliorer la circulation.

Si le lymphœdème ne régresse pas et gêne la patiente, un bilan avec le kinésithérapeute précise le traitement intensif à envisager. Celui-ci est quotidien pendant 1 à 3 semaines et les séances de DLM sont complétées par un bandage spécifique conservé la nuit jusqu’à la séance suivante pour garder l’effet réducteur sur l’œdème.

Il existe différentes techniques selon la formation et la pratique professionnelle du kinésithérapeute et deux sortes de bandages multicouches :

  • Des bandages multicouches volumineux et peu fonctionnels, assez contraignants mais bien supportés jour et nuit
  • Des bandages plus légers envisageables à tous les stades du lymphœdème du bras pour profiter d’un meilleur fonctionnement du bras.

Lorsque le lymphœdème ne régresse plus (2 à 3 semaines selon l’importance initiale), le bandage est relayé par le port d’un manchon compressif prescrit sur-mesure par le médecin, afin d’exercer une pression suffisante et d’empêcher la réinstallation de l’œdème lors des activités quotidiennes ou du sport. Le rythme du port du manchon dépend de l’évolution du lymphœdème et des activités de la patiente. Dans des situations paisibles (soirées, spectacle, lecture…) ou lorsque le lymphœdème semble stabilisé, le manchon n’est plus obligatoire.

Suite au traitement, les activités sportives peuvent être reprises de manière modérée et progressive. Le kinésithérapeute est la personne la mieux placée pour répondre à vos interrogations. Elle vous orientera très certainement vers des activités qui allient étirement et travail musculaire modéré, tels que la natation, la gymnastique douce, le yoga ou encore la marche.

Résultats

Suite à un cancer du sein, le drainage lymphatique manuel permettra de nettoyer et de régénérer l’organisme, d’accélérer la cicatrisation et de diminuer les risques d’infection.

En outre, cette technique, combinée à l’application de bandages compressifs, à des exercices décongestifs, au port d’un vêtement compressif et à l’éducation de comportements préventifs à adopter, pourrait, selon les résultats des études, diminuer le volume du lymphœdème consécutif au cancer du sein.

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