Paralysie obstétricale du plexus brachial

La paralysie du plexus brachial est une affection qui touche un nouveau-né sur 2 000. Elle survient généralement suite à un accouchement difficile. La prise en charge kinésithérapique doit être la plus précoce possible.

Généralités

La paralysie obstétricale du plexus brachial est la conséquence d’un traumatisme par étirement des racines nerveuses à leur origine, consécutif à une traction excessive lors de l’accouchement. Elle peut entraîner une paralysie irréversible du bras et de la main chez le nourrisson.
D’un point de vue anatomique, le plexus brachial est un réseau de nerfs complexe issu de la moelle épinière. Suite à un accouchement difficile, les racines nerveuses peuvent être lésées, plus particulièrement avec des gros bébés (plus de 4 kg) que l’on a du mal à extraire.
Lors d’une paralysie de ce type, les nerfs sont selon les cas :

  • étirés : les fibres nerveuses sont cassées mais la gaine est conservée. Les chances de récupération sont ici importantes.
  • rompues : les fibres nerveuses et la gaine sont sectionnées. La repousse des nerfs est aléatoire et sans grande chance de retrouver la gaine en aval.
  • arrachées : le bulbe, départ des fibres et de la gaine, est arraché de la moelle épinière. Une greffe de nerfs permet d’espérer récupérer quelques mouvements.

La prise en charge classique des nourrissons atteints du plexus brachial consiste durant les premières semaines de vie à prévenir les rétractions musculaires et les déformations articulaires grâce à la kinésithérapie.

Indications

La prise en charge d’une paralysie obstétricale du plexus brachial est primordiale dès que les premiers symptômes apparaissent. Généralement, le membre supérieur est inerte et flasque, en rotation interne, les mouvements sont rares ou nuls au niveau de l’épaule/du coude mais fréquemment conservés à la main.

Déroulement

L’enfant doit être suivi dès les premières semaines suite à l’accouchement. Parmi les traitements, on compte bien sûr la kinésithérapie, les postures temporaires (bandage, attelles), les stimulations musculaires électriques, mais aussi les interventions chirurgicales.

Diagnostic

Le diagnostic d’une paralysie obstétricale du plexus brachial est généralement facile, car le nourrisson dispose d’un membre inerte, en rotation interne. Toutefois, la difficulté réside dans l’élaboration d’un pronostic, car si près de 80% des paralysies du plexus brachial (par étirement) récupèrent spontanément avant l’âge de 3 mois, d’autres, si elles ne sont pas traitées, laisseront des séquelles majeures.

Traitement kinésithérapie

Dans tous les cas, la prise en charge kinésithérapique doit être la plus précoce possible. Elle a pour buts de surveiller la récupération nerveuse et surtout de préserver la mobilité articulaire pour permettre l’action complète des muscles qui vont récupérer. Elle associe mobilisations passives, stimulations sensitives, stimulations musculaires et immobilisations.

  1. Les mobilisations passives : l’ensemble des articulations du membre supérieur doivent être mobilisées dans toute l’amplitude permise, en particulier l’épaule, la gléno-humérale, le coude et le poignet.
  2. Les stimulations sensitives : par le biais d’objets mis à la disposition du nouveau-né.
  3. Les stimulations musculaires : stimulation des muscles du membre supérieur automatique ou par réflexe (caresses, grattage…). En cas de paralysie, utilisation de stimulants pour conserver les qualités de contractilité du muscle (électrothérapie excito-motrice, contraction musculaire provoquée par la percussion directe du corps musculaire avec le doigt ou un marteau à réflexe).
  4. Les immobilisations : entre les séances, il est nécessaire d’immobilier le membre supérieur en position opposée grâce à des petites bandes élastiques.

Traitement chirurgical

L’absence de récupération à 3 mois témoigne d’une rupture ou d’un arrachement. Dès lors, la chirurgie peut être indiquée. L’intervention consiste en une exploration et greffe nerveuse permettant d’associer une réparation du plexus brachial lorsque les racines sont rompues, à une neurolyse pour les racines voisines. Il faut impérativement opérer avant l’âge de 6 mois car passé ce délai, les muscles risquent de ne plus jamais fonctionner de nouveau.

Résultats

Une rééducation précoce (mobilisations, stimulations, immobilisations et adjuvants) permettra de conserver les qualités du système articulaire et musculaire, dans l’attente de la récupération de la commande nerveuse.

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