Réhabilitation sportive

La réhabilitation sportive, ou réathlétisation, correspond à la phase de remise en forme physique. Souvent encadrée par un kinésithérapeute et par un préparateur physique, elle est une étape incontournable, pour le sportif blessé, de récupérer des capacités physiques suffisantes permettant un retour aux activités sportives dans un minimum de temps et à un niveau de performance comparable au niveau antérieur.

Généralités

Le but de la réhabilitation sportive est de retrouver son état de forme physique d’avant blessure. Cette réathlétisation est principalement effectuée post-blessure (post-consolidation), mais peut être faite au plus tôt sur des zones du corps non touchées, mais jugées faibles ou à risques. En parallèle, un travail important sur la prévention des blessures et/ou de ses récidives est planifié.

Le rôle du kinésithérapeute est primordial dans son conseil, sa prise en charge, grâce à ses compétences et son expérience. Celui-ci participe activement à la nouvelle préparation physique du sportif et, par ses soins, permet une meilleure prise en charge et une meilleure récupération. Quel que soit le type de lésion, la rééducation peut être schématiquement divisée en trois phases successives, qui peuvent se chevaucher.

La première phase, commune à tous les blessés, est incontournable et correspond au temps nécessaire et à la cicatrisation-consolidation de la lésion. Les objectifs de la rééducation lors de cette phase initiale sont de diminuer la douleur, de contrôler l’inflammation et de réduire les effets délétères consécutifs à la sous-utilisation, voire à l’immobilisation, engendrés par la lésion et la thérapeutique utilisée. Cette étape permet aussi d’amorcer la restauration de la mobilité articulaire, de la force musculaire et de la proprioception. Les exercices proposés doivent impérativement être indolores et éviter les stress excessifs sur les tissus lésés ou réparés afin de respecter les processus physiologiques de la réparation tissulaire.

La deuxième phase est celle de la rééducation proprement dite. Elle peut débuter avant que soit totalement acquise la cicatrisation-consolidation. Dans ce cas, les stress appliqués aux tissus lésés-réparés doivent être assez faibles pour rester indolores mais suffisamment importants pour stimuler la guérison tissulaire. Une fois la cicatrisation-consolidation assurée, les objectifs de cette étape sont la normalisation des amplitudes articulaires et la récupération de la force musculaire. A mesure que les amplitudes articulaires évoluent, l’entraînement en force est augmenté et des exercices de coordination et d’agilité sont ajoutés. Un autre objectif de cette phase est de rétablir un contrôle neuromusculaire par des exercices proprioceptifs.

La dernière phase, spécifique au sportif, est donc celle de la réadaptation sportive. Lorsque les amplitudes articulaires, la force musculaire et la souplesse se sont normalisées, le sportif peut débuter un entraînement spécifique ayant pour but de lui redonner toutes les capacités nécessaires à la pratique de son sport. Selon la discipline pratiquée, il faudra insister plus particulièrement sur la récupération de l’endurance, de l’explosivité, de la souplesse ou de l’équilibre. Cette phase de reprise sportive se termine sur le terrain avec la collaboration du kinésithérapeute, du préparateur physique et de l’entraîneur.

Cette progression de la rééducation nécessite un ajustement permanent des exercices en fonction de l’évolution de la récupération et de la tolérance du blessé aux exercices prescrits. Cela implique un suivi régulier du clinicien et une collaboration active du blessé à sa rééducation.

Indications

La plupart du temps, les sportifs blessés reprennent leur activité sportive trop rapidement sans avoir réappris les mouvements ou gestes basiques, d’où des rechutes fréquentes car les bases ne sont pas suffisamment solides.

La réhabilitation sportive peut être proposée à toute personne souhaitant débuter une activité sportive en bonne condition physique ou reprendre un sport après une interruption plus ou moins longue, mais également aux sportifs blessés soucieux de retrouver leurs gestes sportifs et leur performance avant leur retour sur le terrain. Elle offre la possibilité de s’adonner à des exercices individualisés en tenant compte de leurs paramètres physiologiques, morphologiques et surtout des caractéristiques de leur blessure ou de leur chirurgie. On renforce les muscles courts, on travaille la proprioception, l’équilibre, le gainage, on réapprend les mouvements basiques, on perfectionne les gestes sportifs de base et les plus spécifiques.

Déroulement

Chaque prise en charge est individualisée en fonction d’un bilan initial, qui permet d’évaluer les capacités et les besoins de l’athlète, ses raideurs articulaires, ses déséquilibres musculaires ou encore ses asymétries cinématiques. Le kinésithérapeute utilise différentes techniques.

Techniques de gain d’amplitude articulaire

Une récupération incomplète des amplitudes articulaires aura un retentissement variable selon le type de sport pratiqué. Suite à la phase de cicatrisation-consolidation, il peut être nécessaire de poursuivre le gain d’amplitude via des exercices passifs forcés. Ces derniers visent à obtenir un mouvement au-delà des limites des amplitudes articulaires possibles. On peut utiliser des poids, un circuit de poulies, des postures voire des attelles successives. Des techniques activopassives spécifiques sont également effectuées en cas de persistance d’un déficit de mobilité (contracté-relâché, stabilisations rythmiques…).

Techniques de renforcement musculaire

La perte de force musculaire est systématique et précoce après un traumatisme ou une chirurgie (diminution de 3 à 4% par jour lors de la première semaine d’immobilisation). Deux modes de travail sont employés pour augmenter la force musculaire :

  • Le travail statique ou isométrique : contraction musculaire sans mouvement articulaire maintenue pendant une durée de 3 à 10 secondes et réalisée à des angles articulaires multiples.
  • Le renforcement dynamique : contraction musculaire avec un mouvement articulaire en chaîne cinétique ouverte ou fermée. Selon le type de contraction musculaire, de résistance et la vitesse d’exécution du mouvement, on distingue le travail isotonique, isocinétique ou pliométrique.

L’électrostimulation est également efficace pour prévenir et traiter l’amyotrophie sous la forme de courants de basse fréquence qui permettent un recrutement spatial important des unités motrices.

Techniques de reprogrammation neuromotrice ou proprioception

La proprioception est l’aptitude de l’organisme à transmettre le sens positionnel, interpréter l’information et réagir à la stimulation par une exécution appropriée de postures et de mouvements. Le but de la reprogrammation neuromotrice est de rétablir la transmission des informations proprioceptives en stimulant les récepteurs concernés, voire à pallier leur déficience afin de retrouver une stabilité suffisante de l’articulation lésée.

Les mains du kinésithérapeute, en se déplaçant lors des exercices de stabilisation en décharge, vont associer à la stimulation proprioceptive une stimulation extéroceptive. De plus, les exercices liés aux sports pratiqués introduiront des mouvements complexes où la vitesse, la précision, la coordination et la répétition se rapprocheront des gestes techniques sportifs.

La balnéothérapie

La balnéothérapie, utilisée comme outil de rééducation, offre de multiples possibilités avec une sécurité maximale pour le patient. Tous les modes de renforcement musculaire isotoniques peuvent être sollicités en se servant de la résistance hydrodynamique et de l’allégement apparent du poids du corps en immersion. Il est possible également de pratiquer un travail global, sollicitant non seulement l’appareil locomoteur mais aussi le système cardiovasculaire (natation, vélo et course dans l’eau).

Résultats

La réhabilitation, par le biais d’exercices adaptés et personnalisés, vous accompagnera vers votre reprise sportive, tout en vous prémunissant des blessures. Au fil du temps, vous reprendrez goût à l’effort et confiance en vos capacités. Dans tous les cas, le kinésithérapeute, par les nombreuses techniques qu’il peut proposer, joue un rôle capital dans l’environnement médical du sportif.

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