Fracture du processus coronoïde

La fracture du processus coronoïde de l’ulna, rarement isolée, accompagne généralement une luxation dorsale du coude ou un fracas métaphyso-épiphysaire de l’ulna. Peu fréquente, elle représente moins de 4% de l’ensemble des fractures du coude, mais peut compromettre sa stabilité du coude. Si son traitement relève parfois d’une ostéosynthèse, il peut également être orthopédique. Dans tous les cas, une rééducation s’impose.

Anatomie

Le processus coronoïde de l’ulna se trouve à la face antérieure du bras (coude). Il est situé au niveau de l’extrémité proximale de l’ulna et est en continuité avec l’olécrâne. La face antérieure de la pointe du processus coronoïde est intra-articulaire. Le processus coronoïde permet d’empêcher les subluxations postérieures. Il s’agit d’une structure importante dans le maintien de la stabilité de l’articulation.

Le plus souvent, les fractures du processus coronoïde de l’ulna sont rarement isolées. Elles sont rencontrées lors de luxations ou associées à d’autres fractures.

Généralement, les fractures du processus coronoïde sont classifiées en 3 groupes selon Regan et Morrey en fonction du % d’atteinte du processus (extrémité, < 50 % et > 50 %) :

  • Type I : le foyer fracturaire implique seulement le sommet du processus coronoïde
  • Type II : le fragment a une hauteur de moins de 50% de celle du processus coronoïde
  • Type III : la hauteur du fragment est supérieure à 50% de la hauteur du processus coronoïde.

Examen Clinique

En cas de fracture du processus coronoïde, l’impotence fonctionnelle est souvent très marquée, avec une flexion-extension douloureuse et très limitée lors de l’examen clinique. Il faut par ailleurs toujours vérifier qu’il n’y a pas d’autre fracture associée qui nécessiterait une prise en charge préalable (luxation du coude, fracture de la tête radiale, de l’olécrane…).

Bilan Imagerie

Le diagnostic est aisément posé sur des radiographies standards du coude de face et de profil, associées à un cliché oblique externe afin de mieux apprécier la lésion. Dans les fractures articulaires complexes, un scanner peut être utile avant de partir sur une indication d’ostéosynthèse très aléatoire.

Traitements

Le traitement dépend de la taille du fragment et des lésions associées. Généralement, les fractures de type I et II sont traitées orthopédiquement tandis que les fractures de type III peuvent nécessiter une intervention chirurgicale. Comme dans toutes les fractures articulaires, le but du traitement est la récupération d’une articulation stable, indolore et mobile. Dans tous les cas, le traitement doit permettre une mobilisation et une rééducation précoces.

Traitement fonctionnel et médicamenteux

Ce traitement n’implique pas d’immobilisation. La rééducation est immédiate sous couvert d’un traitement anti-inflammatoire et antalgique.

Traitement orthopédique

Le traitement orthopédique est généralement indiqué dans le cas de fractures séparation non déplacées et stables, ou dans les cas de tassement pur sans fracture séparation, à condition que l’enfoncement soit modéré. Il débute par une immobilisation courte à visée antalgique (une semaine), suivie d’une période de rééducation.

Lorsqu’il existe une entorse interne grave, la rééducation peut être commencée dès la troisième semaine, dans un secteur de mobilité précis, en replaçant le coude dans son attelle entre chaque séance pendant un mois. Cela nécessite une surveillance radiologique : en cas de déplacement secondaire, l’indication d’une exploration chirurgicale est posée. Le traitement orthopédique permet d’obtenir de bons résultats y compris pour des fractures associées à une instabilité, ou consécutives à des luxations.

Traitement chirurgical

Quand le fragment est plus imposant ou déplacé, l’ostéosynthèse chirurgicale est indiquée, souvent par plaque vissée.

Cette page vous a plu ? Afin de nous aider à vous proposer toujours plus de contenus pertinents, n'hésitez pas à noter cette page
1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars
Loading...

Commentaires

Laissez un commentaire et les praticiens de l'Institut de Kinésithérapie vous répondront au plus vite