Coup du lapin

Le « coup du lapin » est un terme employé lors d’un traumatisme cervical qui survient généralement en voiture. En effet, lors d’un changement brutal de vitesse ou d’un choc arrière, la tête peut vaciller vers l’avant puis vers l’arrière et ainsi abîmer les vertèbres, les muscles, les ligaments ou encore les tendons. Des séances de kinésithérapie sont idéales pour compléter le traitement médical.

Anatomie

On peut définir le coup du lapin comme une cervicalgie aiguë post-traumatique. En effet, en cas de collision par derrière, l’occupant de la voiture est d’abord enfoncé violemment dans son siège puis projeté vers l’avant. Et c’est ce mouvement en « coup de fouet » (« whiplash » chez les Anglo-Saxons), qui provoque le traumatisme, plus ou moins sévère en fonction des cas.

Pour mieux comprendre, un choc arrière est à l’origine d’un transfert d’énergie au cou par des mécanismes d’accélération–décélération vers l’avant, l’arrière et/ou latéralement pouvant conduire à des lésions des os ou des tissus mous. Le rachis est en fait déformé en « S » et deux phases se succèdent : le recul du rachis supérieur suivi de l’extension du rachis inférieur, puis l’extension globale toujours faible en raison de la présence de l’appui tête.

Rassurez-vous : selon une étude suédoise, 90% des coups du lapin n’entraînent que des lésions cervicales légères et passagères et 10% se soldent par un inconfort prolongé allant des maux de têtes aux raideurs, en passant par les contractures, les vertiges, la mobilité réduite, jusqu’à une incapacité permanente.

Examen Clinique

Le patient se présente souvent suite à un accident de la circulation, après avoir subi un choc relatif. Il se plaint de raideurs de la nuque, de douleurs au niveau du cou, des épaules, du dos, du bas du crâne, de céphalées et éventuellement de vertiges ou de flou visuel.

Ces symptômes dépendent bien sûr du type de traumatisme et de la réaction de chaque organisme. Il n’est pas rare qu’ils se manifestent plus tard, ce qui peut contribuer à compliquer le diagnostic.

Le médecin examine son patient et détermine avec lui :

  • Les circonstances et la date de la cervicalgie
  • Le trajet que suit la douleur
  • Son intensité et l’efficacité des antalgiques éventuellement pris en amont
  • Les muscles qui sont contractés et douloureux
  • Le niveau de gêne dans les mouvements et la gêne professionnelle
  • Les symptômes associés (sensations vertigineuses, maux de tête…).

Si le médecin porte le diagnostic de cervicalgie commune, il est inutile de faire des examens complémentaires. Par contre, en cas de coup du lapin, un bilan imagerie est préconisé.

Bilan Imagerie

Des examens radiologiques du cou et de la tête peuvent être prescrits pour vérifier l’absence de fracture(s) des vertèbres cervicales ou d’autres lésions, possiblement plus graves.

En dehors du contexte traumatique, un bilan radiologique est indiqué :

  • Si la douleur et la raideur sont intenses d’emblée
  • En cas de résistance au traitement médical bien respecté ou d’aggravation clinique dans un second cas.

Selon la situation, le médecin peut juger utile de prescrire d’autres examens (scanner, IRM…) s’il existe des signes évoquant une maladie à l’origine des troubles (spondylarthrite ankylosante…).

Traitements

Le traitement dépend du niveau de gravité du coup du lapin. Lorsque ce dernier est mineur, l’immobilisation du cou étant déconseillée, il est préférable de poursuivre ses activités normales, à condition que celles-ci imposent des mouvements du cou raisonnables en amplitude et en fréquence.

En cas de douleurs post coup du lapin persistantes avec limitation des mouvements, une consultation chez le médecin est vivement recommandée.

Traitement médicamenteux

Le médecin pourra vous prescrire des médicaments anti-douleurs, des anti-inflammatoires ou des myorelaxants. De plus, une approche psychologique et comportementale peut parfois se révéler utile. La mise au repos du cou à l’aide d’un collier cervical (ou minerve) est rarement requise, voire inefficace. Il est bien souvent recommandé de continuer à solliciter les cervicales de manière modérée pour faciliter la guérison.

En revanche, si le traumatisme est sévère et si un doute de lésion ligamentaire possiblement grave existe, il faut mettre en place une vraie orthèse avec appui occipital et mentonnier pour une durée correspondant à la cicatrisation habituelle d’une entorse, soit 6 semaines.

Traitement kinésithérapie

Quelques séances de kinésithérapie peuvent être nécessaires et différentes techniques peuvent être utilisées :

  • L’électrothérapie, les ultrasons et les infrarouges appliqués au niveau du cou associés à d’autres méthodes de kinésithérapie
  • Les tractions vertébrales réalisées par un professionnel compétent, en l’absence de contre-indications
  • Le massage du coup, utilisé avec d’autres techniques de kinésithérapie
  • Les techniques de mobilisations actives ou passives et les techniques de contracté-relâché
  • Les manipulations vertébrales cervicales (avec formation spécifique du kinésithérapeute). Celles-ci sont toutefois contre-indiquées dans les 6 semaines suivant le traumatisme.

Dans tous les cas, le maintien d’un niveau habituel d’activités physiques ainsi que toutes les techniques de rééducation ayant pour point commun la mobilisation précoce apparaissent les plus efficaces à court et long terme.

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