Spondylolisthésis

Le spondylolisthésis correspond au glissement d’une vertèbre lombaire par rapport à la vertèbre située juste en dessous et entraînant avec elle tout le reste de la colonne vertébrale. Dans la majorité des cas, il se situe au niveau lombaire bas et particulièrement en L4-L5 ou L5-S1. Le traitement est généralement médical, associé à des séances de kinésithérapie.

Anatomie

La colonne vertébrale (ou rachis) est constituée de 24 vertèbres reliées entre elles par un disque intervertébral. Au point de vue anatomique, elle est subdivisée en 3 zones distinctes : le rachis cervical (7 vertèbres), le rachis thoracique (12 vertèbres) et le rachis lombaire (5 vertèbres).

Le disque intervertébral est constitué d’un annulus en périphérie (anneau fibreux), et au centre d’un nucléus ou noyau gélatineux. Il assure les mouvements de notre colonne vertébrale, en flexion/extension, en torsion et en inclinaison latérale. Il a également un rôle d’amortisseur en cas de choc ou d’hyperpression entre deux vertèbres, permettant une répartition harmonieuse des contraintes.

Avec les années, le disque intervertébral devient moins souple, se déshydrate et se fissure au niveau de son annulus. Le spondylolisthésis lombaire correspond au glissement d’une vertèbre lombaire vers l’avant et vers le bas par rapport à la vertèbre située juste en dessous, entraînant avec elle tout le reste de la colonne vertébrale. Il existe trois types de spondylolisthésis :

  • Le spondylolisthésis lombaire par lyse isthmique, secondaire à la fracture de l’isthme, laquelle survient suite à des microtraumatismes répétés, le plus souvent durant l’enfance ou l’adolescence du fait d’activités sportives favorisantes
  • Le spondylolisthésis lombaire dégénératif ou spondylolisthésis arthrosique, secondaire à l’apparition d’une arthrose des articulations, c’est-à-dire à l’usure du disque intervertébral, des capsules articulaires et des ligaments
  • Le spondylolisthésis lombaire dysplasique, plus rare, d’origine congénitale et lié à une anomalie de la croissance osseuse.

Plus rarement, le spondylolisthésis peut faire suite à un traumatisme important, à une maladie infectieuse ou tumorale ou à une complication de la chirurgie rachidienne.

Examen Clinique

Longtemps bien toléré, le spondylolisthésis est souvent découvert par hasard sur un bilan radiographique du bassin ou à l’âge adulte lors des premières douleurs lombaires.

En effet, des douleurs en bas du dos ou des radiculalgies (douleurs dans les membres inférieurs par compression des racines du nerf sciatique ou du nerf crural) constituent les principaux symptômes du spondylolisthésis.

Bilan Imagerie

La radiographie du rachis lombaire (de face et de profil et dynamique) est l’examen indispensable, il permet de diagnostiquer le spondylolisthésis (par lyse isthmique, dégénératif ou dysplasique) et de le classifier en fonction du glissement de la vertèbre en grade :

  • Le SPL à sacrum vertical : avec angle lombosacré inférieur à 90°, qui correspond le plus souvent à un SPL dysplasique, dont le risque de déplacement est important et qui peut présenter des risques de décompensation neurologique
  • Le SPL à sacrum horizontal : avec angle de cyphose lombosacrée supérieur à 100°, pour lequel les paramètres sagittaux de l’équilibre sont peu perturbés (plus fréquent), à faible risque de déplacement et de décompensation neurologique.

Ce bilan radiologique peut être complété par un scanner du rachis lombaire afin de visualiser la fracture de l’isthme et par une IRM du rachis lombaire qui permet une meilleure visualisation de la racine nerveuse comprimée, une analyse de la compression du cul de sac dural ou queue de cheval et une analyse de l’état du disque intervertébral entre les deux vertèbres.

Enfin, l’électromyographie permet d’évaluer la santé des muscles et des cellules nerveuses qui les contrôlent. Elle n’est effectuée que si le patient ne présente pas tous les symptômes caractéristiques du spondylolisthésis ou si les symptômes sont légers.

Traitements

Lorsque le spondylolisthésis est asymptomatique, une surveillance radiographique peut être nécessaire tous les 1 à 5 ans, en fonction de la période de la vie. Le traitement dépend des patients, mais le traitement médical est souvent tenté.

Traitement médicamenteux

Si la douleur est modérée et d’évolution récente, le traitement médical est indiqué dans un premier temps. Il consiste en la prise d’antalgiques pour traiter la douleur lombaire associée à des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pendant 5 à 7 jours en cas de crise. Une rééducation comprenant des exercices de renforcement des muscles abdominaux et lombaires est également préconisée.

Traitement orthopédique

En cas de fracture récente de l’isthme ou de lombalgie intense, une immobilisation avec un plâtre bermuda intégrant une cuisse d’un seul côté peut être conseillée pour soulager les douleurs.

Traitement chirurgical

L’intervention chirurgicale n’est envisagée qu’en cas de persistance des douleurs ou en présence de signes de gravité (faiblesse musculaire, troubles neurologiques…). Elle consiste généralement en la réalisation d’une arthrodèse ou fusion définitive des deux vertèbres douloureuses.

Cette page vous a plu ? Afin de nous aider à vous proposer toujours plus de contenus pertinents, n'hésitez pas à noter cette page
1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars
Loading...

Commentaires

Laissez un commentaire et les praticiens de l'Institut de Kinésithérapie vous répondront au plus vite