Fracture du radius

Le radius est un os de forme allongée, qui forme avec l’ulna (anciennement appelé cubitus) le squelette de l’avant-bras. Il s’étend depuis le coude jusqu’à la base du pouce, et se compose de trois parties :

  • La diaphyse, partie centrale de l’os
  • L’épiphyse proximale, qui s’articule avec l’ulna pour former le coude
  • L’épiphyse distale, qui rejoint les os du poignet

Il permet d’effectuer deux types de mouvements, qui composent ce que l’on appelle la prono supination de l’avant bras :

  • Le mouvement de supination (orientation de la paume de la main vers le haut)
  • Le mouvement de pronation (orientation de la paume de la main vers le bas)

L’avant-bras et le poignet peuvent être le lieu de fractures. Souvent, on parle de fracture du poignet pour désigner une fracture de l’extrémité inférieure du radius (radius distal). En effet, des deux os de l’avant-bras, le radius est le plus fréquemment atteint en cas de fracture.

Lorsque la rupture osseuse s’accompagne d’un déplacement du radius vers l’arrière extérieur du poignet, il s’agit d’une fracture de Pouteau-Colles. Cette pathologie est fréquente lorsque le sujet tombe et essaie d’amortir sa chute avec les mains, paume vers le bas, poignet en extension. Plus rarement, le déplacement du radius peut se faire vers l’avant, lorsque le sujet tombe sur le dos de la main (poignet en flexion) : on parle de fracture de Goyrand-Smith.

Fracture du radius, fracture du poignet, Institut de Kinésithérapie

Epidémiologie des fractures du radius

Les fractures du radius distal sont parmi les traumatismes les plus fréquents du membre supérieur. On estime en moyenne qu’il y a 130 000 cas de fracture du poignet par an en France ; la fracture de Pouteau-Colles représente une grande majorité des cas.

Cette pathologie touche principalement deux types de population :

  • Les sujets âgés. En effet, leurs os sont fragilisés à cause de l’ostéoporose (perte de densité osseuse), qui est un facteur de risque important pour les fractures du radius et des autres os. Les femmes sont particulièrement concernées, l’ostéoporose étant un problème fréquent à la ménopause. Chez cette population âgée, il suffit souvent d’une simple chute de leur hauteur pour que le radius (et parfois l’extrémité inférieure de l’ulna) soit fracturé. En effet, les personnes ont le réflexe de se protéger en tombant sur la main ou le poignet.
  • Les sujets jeunes, souvent actifs, qui se fracturent le poignet suite à la pratique d’un sport (les plus à risque étant les sports de glisse, le skateboard ou encore le roller), d’un accident de voiture ou de moto, ou encore sur leur lieu de travail. Ici, il s’agit souvent de chutes violentes, d’une hauteur importante, ayant pour conséquence des fractures plus complexes et difficiles à traiter (fractures comminutives).

Symptômes de la fracture du radius

Les symptômes d’une fracture du poignet sont :

  • Une intense douleur au niveau du poignet et des doigts
  • Un oedème
  • Une difformité du poignet : protubérance du radius vers l’arrière, et déplacement de la main par rapport à l’axe de l’avant-bras

Dans certain cas, on peut également observer :

  • Un épanchement sanguin
  • Une dislocation partielle du radius et du cubitus
  • Des extrémités osseuses sortant de la peau (fracture ouverte)

Diagnostic d’une fracture du radius

L’examen et la manipulation du poignet par le médecin permettent de déterminer la présence d’une fracture du radius et/ou du cubitus. La douleur, le gonflement immédiat, et les difficultés de mobilisation du poignet, en sont les principaux signes. La douleur est très précise au niveau du foyer de la fracture, qui peut être localisé au toucher.

Le diagnostic permet d’identifier le type de traumatisme. Les fractures de l’extrémité inférieure du radius peuvent être de trois types :

  • Fracture sus-articulaire, à déplacement postérieur (Pouteau-Colles) ou antérieur (Goyrand-Smith). La première est de loin la plus fréquente.
  • Fracture articulaire, lorsqu’un ou plusieurs traits atteignent l’articulation radio-carpienne.
  • Fracture comminutive, qui correspond à un véritable éclatement de l’extrémité du radius

Deux déformations au niveau du poignet permettent de caractériser une fracture de Pouteau-Colles, la forme la plus courante :

  • De profil, un aspect en “dos de fourchette” : la partie inférieure du radius bascule vers le dos du poignet
  • De face, la main “en baïonette”, c’est-à-dire décalée vers l’extérieur, tandis qu’à l’intérieur elle ne semble plus en contact avec le cubitus

Chez les sujets jeunes, qui se blessent le poignet suite à des chutes de plus grande importance que les personnes âgées, le poignet est généralement très gonflé et douloureux, entraînant une impotence fonctionnelle totale. Les accidents sportifs et autres chutes violentes causent généralement des fractures comminutives, les plus complexes.

Examens complémentaires

Suite à l’examen clinique du médecin, il est fréquent de réaliser des radiographies après un traumatisme au poignet, pour confirmer le diagnostic. En général, deux radiographies sont effectuées : une poignet de face, et une poignet de profil. Elles permettent de confirmer l’existence d’une fracture, mais aussi de déterminer :

  • Sa topographie exacte
  • Son extension ou non dans l’articulation
  • L’importance du déplacement

Ces éléments sont déterminants pour le choix du traitement à suivre. En cas de fracture complexe, un scanner peut être indiqué pour obtenir des informations complémentaires. Il n’est habituellement pas nécessaire de pratiquer un IRM ou une échographie pour une fracture du poignet.

Traitement des fractures du radius

Plusieurs indications thérapeutiques sont possibles en fonction :

  • Des caractéristiques du patient (âge, densité osseuse)
  • Des caractéristiques de la fracture, telles qu’observées radiologiquement (sont surtout pris en compte le type de déplacement, la stabilité et la complexité de la fracture du radius)

Globalement, le traitement est orthopédique lorsqu’il y a peu ou pas de déplacement, et chirurgical en cas de déplacement notable. La rééducation est souvent indiquée dans le deuxième cas ; mais elle peut aussi s’avérer utile après le traitement orthopédique, si le patient peine à récupérer une bonne mobilité de son poignet.

Traitement orthopédique

En ca de fracture stable et pas ou peu déplacée, le traitement orthopédique est privilégié. Après réduction, l’objectif est d’immobiliser le radius en empêchant les mouvements de flexion-extension et de prono-supination.

L’immobilisation est assurée par la pose d’un plâtre ou d’une résine, qui doivent respecter plusieurs contraintes :

  • Le poignet est mis en rectitude
  • Le coude est laissé libre
  • Les doigts sont laissés libres
  • La première phalange du pouce est immobilisée

En général, l’immobilisation dure 5 à 6 semaines. Des contrôles cliniques et radiologiques sont effectués régulièrement pendant cette durée, pour s’assurer que le patient supporte le plâtre, et que la fracture ne bouge pas. Une fois le plâtre enlevé, le patient doit rester prudent sur l’utilisation de son poignet durant quelques semaines.

Traitement chirurgical

Plusieurs opérations sont possibles en fonction du type de fracture.

La fracture de Pouteau-Colles (déplacement postérieur) est généralement opérée par brochage. Il s’agit d’une intervention de courte durée, qui consiste à insérer 3 broches en sous-cutané pour réduire et maintenir la fracture. Elle est réalisée sous anesthésie loco-régionale. Ensuite, le bras est immobilisé grâce à une attelle pendant environ 6 semaines.

La fracture de Goyrand-Smith (déplacement antérieur) est corrigée grâce à une plaque, insérée via une incision au niveau de la face antérieure du poignet. Comme le brochage, c’est une intervention de courte durée qui se fait sous anesthésie loco-régionale. Elle est également suivie d’une immobilisation du bras dans une attelle pendant 6 semaines. La plaque peut être enlevée au bout d’un certain temps si le patient est gêné.

Le traitement chirurgical des fractures comminutives peut faire appel à ces deux techniques de fixation (plaque ou broches), parfois associées. Un fixateur externe peut également être utilisé pour réduire et immobiliser la fracture. Ce fixateur est systématiquement enlevé dès que la solidité de la fracture le permet.

Après ces différentes opérations, des contrôles radiographiques sont effectués, généralement à 3 et 6 semaines. Des séances de rééducation auprès d’un kinésithérapeute sont souvent nécessaires pour retrouver une bonne mobilité.

Rééducation

Les fractures du radius peuvent être à l’origine d’importants troubles de force et de mobilité, qui peuvent causer une gêne fonctionnelle. Ces troubles concernent le poignet mais aussi parfois les doigts. C’est pourquoi la rééducation est souvent indiquée, surtout si la fracture a été opérée.

Les mouvements effectués sollicitent le poignet en flexion, extension et prono supination. Le patient ne doit pas s’aider de sa main valide, et surtout ne pas forcer ou déclencher de douleur. En effet, les exercices de rééducation doivent impérativement être réalisés sans douleur, car l’algodystrophie est une complication fréquente des fractures du poignet, opérées ou non. Le serrage de balle fait notamment partie des exercices proscrits.

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