douleurs-coude

Le coude est une articulation très utilisée au quotidien ; c’est pourquoi les douleurs dans cette zone du corps sont relativement fréquentes chez l’adulte. Celles-ci peuvent être de plusieurs types : douleurs d’origine tendineuse (les plus courantes), inflammatoires, mais aussi traumatiques.

L’épicondylite une tendinite du coude douloureuse - Institut Kinésithérapie Paris

Types de douleurs

Les douleurs les plus fréquemment observées au niveau du coude sont les tendinites. Il en existe plusieurs types :

  • L’épicondylite latérale (aussi appelée coude du joueur tennis ou tennis elbow), qui se caractérise par une douleur au niveau de la saillie osseuse de l’humérus, sur le côté externe du coude
  • L’épicondylite médiale (aussi appelée épitrochléite, coude du golfeur ou golf elbow), caractérisée par une douleur à l’intérieur du coude
  • La tendinite du biceps ou du triceps

La douleur du coude peut aussi s’expliquer par :

  • Les tendinites calcifiantes
  • Les arthrites infectieuses
  • Les arthrites rhumatismales
  • La bursite ou hygroma du coude (épanchement de liquide synovial dans une bourse séreuse, qui provoque un gonflement visible à l’arrière du coude)
  • L’arthrose du coude
  • Les arthropathies nerveuses
  • Les traumatismes du coude (fracture ou luxation du coude)

Epidémiologie

L’épicondylite latérale est la cause de douleur au coude la plus fréquente. On estime qu’elle concerne entre 1 et 3% de la population française, et représente 80% des pathologies du coude. En effet, c’est un trouble courant dans un certain nombre de professions manuelles (ouvriers, manutentionnaires), et chez les personnes qui pratiquent régulièrement le tennis : près d’un joueur de tennis sur deux sera concerné par l’épicondylite au cours de sa vie. L’âge des patients est généralement compris entre 35 et 50 ans. L’épicondylite médiale ou golf elbow, est moins fréquente, et concerne surtout des patients âgés de 40 à 60 ans.

Les bursites du coude sont généralement classées sous le terme générique de “lésions du coude”, nous n’avons donc pas de chiffres précis concernant la fréquence de cette pathologie. Toutefois, on sait que sa prévalence augmente avec l’âge, et que les hommes sont plus concernés que les femmes. L’arthrose du coude est une pathologie plutôt rare.

De manière générale, les douleurs du coude connaissent une progression dans la population générale. Chaque année, elles sont en augmentation de 20% parmi les maladies professionnelles (troubles musculo-squelettiques).

Symptômes

Le principal symptôme de l’épicondylite, et de la plupart des autres pathologies du coude, est une douleur localisée au niveau du coude, qui dans certains cas irradie l’avant-bras. Cette douleur peut apparaître soudainement, ou après des années de répétition d’un même geste, comme c’est le cas au tennis, au golf ou dans les sports de lancer. Elle se manifeste lors d’un certain nombre de mouvements :

  • Celui qui a provoqué le trouble (geste sportif ou professionnel)
  • Lorsque le patient déplie le bras
  • Lorsqu’il plie le poignet avec le coude tendu
  • Les mouvements de rotation
  • Lorsque le patient saisit des objets

Ces mouvements sont très fréquents dans la vie quotidienne, ce qui pousse généralement à consulter. Dans certains cas, la douleur s’accompagne d’un gonflement au niveau du coude.

Diagnostic

Le diagnostic de la cause d’une douleur au coude est souvent difficile à poser. En effet, l’anatomie du coude est complexe, et la plupart des symptômes ressentis par les patients peuvent être causés par plusieurs pathologies. Par exemple, l’arthrose du coude peut entraîner des signes d’épicondylite.

Avant toute chose, une anamnèse est généralement nécessaire, pour orienter l’examen clinique dans la bonne direction. Le profil du patient (âge, sexe), ses antécédents, ses activités (sport et profession), les accidents qu’il a subis, sont autant d’informations clés. Le médecin veille également à relever d’éventuelles pathologies au niveau du rachis (colonne vertébrale) et de l’épaule, car celles-ci peuvent se projeter au niveau du coude.

Le diagnostic clinique repose ensuite sur un examen de :

  • La mobilité du coude : sa mobilité normale en flexion et en extension est généralement comprise entre 0 et 140 degrés ; la perte d’extension est un des premiers signes de pathologie du coude
  • La face latérale du coude (muscles extenseurs) : des tests de provocation de la douleur sont effectués, pour identifier une douleur au niveau de l’épicondyle latéral, caractéristique du tennis elbow ou épicondylite latérale
  • La face médiale (muscles fléchisseurs/pronateurs) : d’autres tests permettent de reproduire une éventuelle douleur au niveau de l’épicondyle médial (épitrochlée), caractéristique du golf elbow ou épicondylite interne
  • La face postérieure du coude : il s’agit ici de tester la tension du triceps, pour dépister une tendinite du tendon du triceps, ou une rupture, qui reste plus rare
  • La face antérieure du coude : cet examen a pour but d’évaluer l’état du tendon du biceps distal

Le diagnostic des douleurs du coude recherche également des lésions internes de l’articulation : plica, lésion cartilagineuse, arthrose ou encore ostéochondrite disséquante.

La fonction nerveuse est aussi évaluée, grâce à des tests simples qui sollicitent les trois grands nerfs de l’avant-bras (nerf médian, nerf ulnaire et nerf radial). En effet, la compression d’un de ces nerfs peut provoquer des douleurs du coude, ainsi que des déficits sensoriels et moteurs au niveau des mains et des doigts.

Enfin, l’examen clinique peut inclure une évaluation des épaules et du cou ; en effet, des pathologies dans ces zones du corps peuvent conduire à une sollicitation excessive du coude, ou irradier.

Examens complémentaires

En cas de douleurs du coude, des examens sont généralement prescrits afin de préciser le diagnostic. La radiographie standard peut être complétée par une IRM ou une échographie.

En général, la radiographie est normale en cas d’épicondylite. Dans certains cas, elle permet d’observer une calcification tendineuse, mais aussi des signes d’autres pathologies comme l’arthrose ou l’ostéochondrite disséquante.

Une échographie est généralement réalisée lorsque l’épicondylite survient brutalement, pour rechercher une rupture tendineuse. Cet examen est aussi indiqué lorsque les douleurs du coude résistent aux traitements médicaux entrepris.

L’IRM est prescrite en complément d’une radiographie ou d’une échographie, pour établir un bilan des douleurs du coude en recherchant des lésions tendineuses, ligamentaires, cartilagineuses ou osseuses. Elle permet une étude précise des épicondylites et autres pathologies du coude.

Traitements

Le choix du traitement dépend de la pathologie diagnostiquée et des différentes lésions observées.

Traitement médicamenteux

Le traitement médicamenteux des pathologies du coude vise surtout à réduire la douleur, quelle que soit l’origine de celle-ci (tendinite, arthrose ou encore bursite). Les antalgiques sont généralement privilégiés ; des anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent aussi être prescrits. En cas de gonflement (bursite), l’application de glace est souvent utile.

Dans certains cas particulièrement sévères, il est possible d’avoir recours à une injection de corticoïdes ; toutefois, comme ces injections peuvent fragiliser les tendons, elles sont contre-indiquées en cas de déchirure partielle.

Chirurgie

Si la douleur du coude est dûe à une tendinite, la chirurgie n’est indiquée qu’en cas d’échec du traitement médical. Ce cas est relativement peu fréquent : l’épicondylite chronique, résistante aux traitements, concerne moins de 10% des cas. Plusieurs techniques chirurgicales peuvent être employées : soit le muscle abîmé est allongé (plastie d’allongement), soit le tendon est coupé (désinsertion musculaire). S’il apparaît que les douleurs sont liées à la compression d’un nerf, le chirurgien peut aussi libérer le nerf en question.

La chirurgie est aussi indiquée dans certains cas d’arthrose du coude, lorsque les douleurs sont très invalidantes : on parle de chirurgie de débridement, qui consiste à nettoyer l’articulation.

Kinésithérapie

La rééducation du coude se fait généralement de manière progressive et sans douleur, pour éviter de provoquer des phénomènes inflammatoires qui pourraient entraver la guérison. Le choix des techniques varie en fonction de la pathologie, et du traitement réalisé (chirurgical ou non).

Le premier traitement de l’épicondylite est préventif : des étirements et échauffements spécifiques doivent être réalisés avant toute activité physique pour limiter les douleurs.

Pour une épicondylite avérée, le traitement en kinésithérapie repose sur des massages transverses profonds, ainsi que des soins de physiothérapie (application de chaud, application de froid, électrothérapie). Ces interventions permettent de soulager la douleur. La rééducation intègre ensuite un travail excentrique des muscles extenseurs du poignet.

Avant de reprendre le sport, un programme de réadaptation à l’effort doit être suivi. Celui-ci comprend des exercices de renforcement musculaire, ainsi qu’une correction des gestes qui ont permis à l’épicondylite de s’installer.

Chez les personnes ayant subi une intervention chirurgicale, le principal objectif de la rééducation est de lutter contre la raideur post-opératoire, et de récupérer une mobilité normale du coude. Des massages sont généralement réalisés au début du traitement, pour obtenir un effet de drainage lymphatique. Ensuite, une grande part du travail repose sur des gestes de mobilisation active et passive.

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