Épicondylites (tennis elbow, golf elbow)

L’épicondylite est une atteinte douloureuse du coude, qui s’explique par des lésions des tendons qui rattachent certains muscles de l’avant-bras sur l’épicondyle. L’épicondyle est un petit relief osseux de l’humérus, qui se situe sur la partie externe du coude.

L’épicondylite est donc une forme de tendinite du bras. Le plus souvent, elle fait suite à une mobilisation intense ou répétée du bras, par exemple lors d’une activité sportive. C’est pourquoi on parle couramment de “tennis elbow” (coude du tennisman) ou “golf elbow” (coude du golfeur) pour désigner cette même pathologie.

l’épicondylite Institut de Kinésithérapie

Epidémiologie de l’épicondylite

L’épicondylite est classée parmi les troubles musculo-squelettiques (TMS).

En 2018, les atteintes du coude représentaient 22% des troubles musculo-squelettiques du membre supérieur. Les pathologies les plus fréquentes étant celles du poignet et de la main (35%) et de l’épaule (33%).

Le tennis est responsable de 5 à 10% des épicondylites (tennis elbow). Le travail est quant à lui responsable de 35 à 64% des épicondylites rapportées. Celles-ci représentent 11% du total des accidents de travail.

Cette pathologie touche surtout des personnes âgées de 35-40 à 60 ans.

Symptômes de l’épicondylite

Les douleurs du coude sont le symptôme caractéristique de l’épicondylite. Généralement, ces douleurs ne concernent qu’un seul bras, celui qui est le plus mobilisé (le bras dominant).
Elles peuvent survenir brusquement, lorsque le patient démarre une nouvelle activité, ou s’installer progressivement après des années de gestes répétitifs.

Au départ, seul l’épicondyle est très sensible au toucher ; cette sensibilité se transforme progressivement en une douleur, qui finit par s’étendre à l’ensemble de la face externe du coude et de l’avant-bras.

La douleur de l’épicondylite survient ensuite lors de certains mouvements, lorsque la personne :

  • Répète le mouvement qui a provoqué la pathologie
  • Déplie son bras
  • Plie le poignet tout en gardant le coude tendu
  • Tente de redresser son poignet contre résistance, avec le coude tendu
  • Tente de plier sa main vers l’arrière contre résistance, avec le coude tendu
  • Effectue des mouvements de rotation avec son avant-bras
  • Saisit des objets avec le bras tendu

La plupart de ces mouvements sont banals et fréquents ; l’épicondylite a donc un retentissement important sur la vie quotidienne et professionnelle, ce qui pousse à consulter.

Causes et facteurs de risque des épicondylites

L’épicondylite apparaît suite à des contractions répétées des muscles de l’avant-bras. Elle est donc généralement causée par des gestes sportifs et professionnels qui sollicitent excessivement ces muscles.

Causes professionnelles

Le travail est la cause la plus fréquente d’épicondylite. Sont concernées les professions qui impliquent :

  • Des mouvements de rotation de l’avant-bras, avec flexion simultanée du poignet
  • Des mouvements de serrage d’un objet, avec rotation de l’avant-bras vers l’intérieur ou l’extérieur
  • Des mouvements de la main pour frapper des objets
  • Des lancers saccadés

Les mouvements de rotation, flexion et préhension sont particulièrement risqués pour le coude lorsqu’ils sont effectués avec un bras tendu en avant ou latéralement. D’autres facteurs, comme l’absence de temps de récupération, l’exposition à des vibrations, ou le travail au froid, sont encore plus agressifs pour les tendons.

Cette atteinte du coude se retrouve aussi bien parmi les ouvriers, que parmi les employés du tertiaire. Les professions les plus concernées par l’épicondylite sont :

  • Les travailleurs à la chaîne
  • Les artisans et professions manuelles
  • Les secrétaires et assistantes de direction
  • Les aide-soignants

Dans certaines conditions, l’épicondylite peut être reconnue comme maladie professionnelle.

Sport et loisirs

Le sport est la deuxième grande cause d’épicondylite.

La pratique du tennis entraîne une épicondylite latérale, c’est-à-dire touchant la face externe du coude. C’est la forme la plus fréquente, qui touche environ 50% des joueurs de tennis amateurs. Elle s’explique surtout par des mauvais gestes, à savoir :

  • Un serrage inadapté de la raquette
  • Des rotations répétées de l’avant-bras avec flexion du poignet
  • Des gestes saccadés

Le changement de cordage ou de grip (poignée de la raquette) est un autre facteur de risque.

La pratique du golf est quant à elle responsable de l’épicondylite médiale, ou interne. Plus rare, cette pathologie touche la face interne du coude ; elle est principalement due aux rotations répétées du poignet.

Enfin, d’autres activités comme le bricolage, peuvent entraîner une épicondylite.

Diagnostic d’une épicondylite

Les douleurs au coude, lorsqu’elles sont récentes et modérées, peuvent cesser en mettant l’articulation au repos. Toutefois, si la douleur persiste au-delà de plusieurs jours, il est recommandé de consulter un médecin, qui pourra établir un diagnostic.

Pour poser le diagnostic d’épicondylite, le médecin interroge d’abord le patient sur ses symptômes, et ses activités manuelles et sportives.

L’interrogatoire est complété par un examen de la région de l’épicondyle : celui-ci n’est pas inflammatoire, c’est-à-dire qu’il n’y a ni rougeur ni gonflement ; mais la palpation est douloureuse.

Ensuite, le médecin demande au patient d’effectuer quelques manoeuvres avec le coude tendu, pendant qu’il les contrarie (leur oppose une résistance) :

  • Flexion et extension du poignet
  • Flexion et extension des doigts de la main
  • Rotation de l’avant-bras, de sorte à positionner la main paume vers le haut

Le diagnostic d’épicondylite est confirmé lorsque certains de ces mouvements, effectués contre résistance, sont douloureux pour le patient.

Examens complémentaires

Le recours à des examens complémentaires n’est pas indispensable pour diagnostiquer une épicondylite. Dans certains cas, une échographie du coude peut être indiquée, par exemple :

  • Dans les formes aigües, pour identifier une rupture partielle du tendon
  • Lorsque l’épicondylite persiste et devient chronique, malgré les traitements médicaux : des lésions tendineuses plus importantes sont alors recherchées

Traitements de l’épicondylite

Mise au repos du coude

Le traitement le plus efficace de l’épicondylite est la mise au repos des tendons, ce qui en passe par l’arrêt des activités ayant entraîné la pathologie. Cela peut impliquer :

  • Un arrêt de travail
  • Un arrêt de pratique sportive
  • Une adaptation du poste de travail

En pratique, dans de nombreux métiers, l’adaptation du poste de travail est difficile ou impossible, c’est donc l’arrêt de travail qui est privilégié. Le médecin généraliste oriente alors le patient vers son médecin du travail, pour une visite de pré reprise. Celle-ci a pour objectif d’évaluer l’aptitude du patient à son poste de travail, et si besoin d’aménager celui-ci, afin de prévenir les récidives.

Lorsque l’épicondylite est identifiée assez tôt, et que le coude est mis au repos dès les premiers symptômes, la guérison se fait spontanément en quelques semaines. Pour guérir efficacement, les gestes douloureux doivent être évités. Cependant, le coude doit pouvoir continuer à bouger.

Traitements médicaux

Pour soulager la douleur, des traitements médicamenteux peuvent être prescrits. Le plus souvent il s’agit :

  • D’antalgiques, comme le paracétamol
  • D’anti-inflammatoires non stéroïdiens, par voie orale ou sous forme de pommade

Le médecin peut aussi avoir recours à des infiltrations de corticoïdes dans la région de l’épicondyle. Ce traitement soulage efficacement la douleur, mais présente l’inconvénient de fragiliser le tendon ; les infiltrations sont donc contre-indiquées en cas de déchirure partielle.

Enfin, une technique récente consiste à réaliser des injections de plasma riche en plaquettes (PRP), en utilisant le sang du patient. En effet, le plasma après centrifugation contient des molécules qui favorisent naturellement la cicatrisation.

Kinésithérapie

Les séances de kinésithérapie ont pour but d’accélérer la guérison, et d’éviter les récidives de la blessure. Plusieurs techniques et exercices permettent de retrouver un mouvement du coude optimal et indolore, pour une reprise sans risque des activités. Notamment :

  • Des exercices progressifs de rééducation, pour améliorer la posture, la force et la flexibilité. L’objectif de ces exercices est d’améliorer la capacité de résistance des tendons, de manière adaptée à l’activité du patient.
  • Une correction du geste technique, pour éviter les récidives en respectant les capacités des tendons
  • Des étirements, pour améliorer l’élasticité des tissus, et rompre avec la répétition des mêmes gestes

En complément, le kinésithérapeute peut proposer des techniques de massage et de physiothérapie visant à accélérer la cicatrisation et réduire les douleurs, comme par exemple :

  • Un traitement de la blessure par des poches de glace ou par la chaleur
  • Des massages transverses profonds, avec éventuellement une éducation du patient à l’automassage
  • Un traitement par ondes de choc, une thérapie très efficace pour stimuler la cicatrisation de toutes sortes de lésions tendineuses
  • Le port d’une attelle
  • L’électrothérapie ou les ultrasons

Traitement chirurgical

Dans certains cas, lorsque les traitements médicaux échouent, l’épicondylite peut faire l’objet d’un traitement chirurgical. Cette indication est rare, et ne concerne que les patients souffrant d’épicondylite chronique ou persistante, c’est-à-dire moins de 10% des patients.

L’intervention se déroule par arthroscopie, sous anesthésie locorégionale. Elle peut associer plusieurs gestes :

  • Allongement des fibres musculaires endommagées (plastie d’allongement) : cette opération a pour but de moins tirer sur le tendon reliant le muscle à l’os
  • Désinsertion musculaire : cette intervention consiste à couper le tendon pour détacher le muscle de l’os. Fixé aux muscles voisins, le muscle reste fonctionnel

Les complications (infection, faiblesse musculaire, atteinte nerveuse ou encore algoneurodystrophie), sont relativement rares. En cas d’opération, il faut compter plusieurs mois avant la reprise d’une activité sportive.

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