Rééducation
En Résumé
La rééducation spécialisée après un cancer du sein est essentielle pour traiter les cicatrices, la douleur et le lymphœdème. Grâce à une prise en charge précoce en kinésithérapie, les patientes retrouvent leur mobilité et une autonomie durable. Un accompagnement expert favorise la réappropriation du corps et la réussite du parcours de soin.
Les opérations et traitements liés au cancer du sein laissent des séquelles. Pour corriger efficacement les troubles de l’épaule et du bras, et retrouver son bien-être, des séances de rééducation chez un kinésithérapeute peuvent être conseillées.
Sommaire
Le cancer du sein et les traitements qu’il entraîne sont une épreuve difficile dans la vie d’une femme. Pendant et après la maladie, les séances de kinésithérapie peuvent être d’un grand soutien, à la fois physique et psychologique. En effet, des interventions comme la radiothérapie, ou la chirurgie du cancer du sein, entraînent divers troubles que la rééducation peut corriger efficacement.
L’objectif est de retrouver progressivement une vie normale. Cette remise en forme post-chirurgicale peut même vous permettre de reprendre l’exercice physique si vous étiez sportive.
Pour découvrir le traitement adapté
La rééducation post cancer du sein propose des exercices spécifiques, pour retrouver la souplesse du bras et de l’épaule, tout en atténuant les cicatrices.
Les exercices de rééducation pratiqués en kinésithérapie après une chirurgie du sein ont pour objectif de vous aider à cicatriser, tout en retrouvant autonomie et souplesse.
Pendant les premières semaines suivant l’opération, le kinésithérapeute réalise des exercices doux et progressifs. Une partie de la rééducation consiste aussi à reproduire vous-même quotidiennement les mouvements montrés en séance (auto-rééducation).
Certains mouvements visent par exemple à libérer les tensions au niveau du cou et des épaules : flexion-extension du cou, rotation, inclinaison latérale. D’autres permettent d’améliorer la mobilité de l’épaule : élévation latérale du bras, flexion-extension de l’épaule, enroulement et haussement des épaules, circumduction (mouvements circulaires avec les deux épaules). En fonction de vos troubles et des recommandations du kiné, vous pouvez aussi être amenée à réaliser des mouvements du coude, des mains et des poignets.
Ces mouvements basiques constituent la première étape de la rééducation. Ensuite, votre kinésithérapeute vous apprend généralement des mouvements fonctionnels, c’est-à-dire des mouvements plus complets qui vous aideront pour les principaux gestes de la vie quotidienne. Dans le cadre d’un cancer du sein, il s’agit surtout de mouvements globaux impliquant les bras.
Je prends rdv avec mon kiné
Le massage des cicatrices est un autre type de soin couramment pratiqué. En effet, quelques jours après la chirurgie, la cicatrisation entraîne des douleurs qui poussent les patientes à adopter des positions antalgiques. Pratiqué relativement tôt après l’opération, le massage fait office de drainage manuel : il favorise le retour de la circulation sanguine, tout en rendant sa souplesse à la peau.
Pour celles qui s’orientent vers une reconstruction mammaire, la kinésithérapie apporte une aide considérable. Avant la chirurgie, les massages et les étirements vont permettre de faciliter la pose de l’implant. Après la reconstruction, les séances de kiné sont surtout axées sur la mobilisation de l’épaule, ainsi que des techniques manuelles douces pour améliorer la circulation.
La prise en charge n’est pas la même si vous souffrez surtout de troubles posturaux, d’une douleur à l’épaule, d’un lymphoedème ou des conséquences de votre cicatrice.
Les troubles posturaux et musculo-articulaires liés à la chirurgie du cancer du sein nécessitent une rééducation spécifique. L’objectif premier de ce travail est de corriger les mauvaises postures mises en place par les patientes pour atténuer leurs douleurs. Ces postures, qui consistent par exemple à enrouler et élever l’épaule, ou à coller le bras au corps, entraînent à terme un certain nombre de douleurs musculaires et de contractures. L’objectif des séances de kinésithérapie est double : il s’agit d’évaluer et traiter les douleurs post-opératoires ; puis d’identifier et corriger les postures problématiques.
Pour cet aspect de la rééducation, le kinésithérapeute a recours à plusieurs techniques, notamment :
Les zones du corps concernées sont l’épaule, le bras, et le rachis cervico-dorsal, c’est-à-dire la partie de la colonne vertébrale qui se compose des 12 vertèbres dorsales (milieu du dos) et des 7 vertèbres cervicales (du bas du crâne au bas du cou).
Après une chirurgie du cancer du sein, il est fréquent de développer ce que l’on appelle un lymphoedème du membre supérieur, c’est-à-dire un gonflement du bras dû à une anomalie de circulation de la lymphe.
En effet, la chirurgie nécessite de retirer plusieurs noeuds ou ganglions lymphatiques irriguant la région du sein : cette technique s’appelle le curage axillaire. C’est un acte qui n’est pas anodin, car il perturbe le drainage dans l’ensemble du membre supérieur, entraînant une compensation par les ganglions et vaisseaux restants. Lorsque cette compensation ne se fait pas parfaitement, un gonflement peut apparaître au niveau du bras : le lymphoedème.
La principale technique employée par le kinésithérapeute pour le traitement du lymphoedème est le drainage lymphatique manuel. Il s’agit d’une méthode de massage qui stimule la circulation de la lymphe, par des manipulations lentes et répétées aidant le liquide à s’évacuer. Ce drainage manuel peut être complété par d’autres techniques, comme la pressothérapie, ou la pose de bandages de décongestion, qui réduisent le volume de l’oedème.
Les chirurgies du cancer du sein, qu’il s’agisse d’une mastectomie, d’un curage axillaire ou d’une reconstruction, laissent des cicatrices importantes. Celles-ci peuvent être invalidantes pour les patientes, tant d’un point de vue esthétique que fonctionnel (elles gênent les mouvements).
Parfois, la cicatrice de l’incision devient rétractile : c’est-à-dire qu’elle attire vers elle les tissus sains voisins, entraînant une évolution inesthétique et potentiellement gênante. Ce type de cicatrice débouche souvent sur une hypertrophie.
Les séances de kinésithérapie pour le traitement des cicatrices interviennent plusieurs semaines après l’opération. En effet, pour que le traitement soit efficace, la cicatrice ne doit plus être inflammatoire. Le kinesithérapeute a recours à plusieurs techniques, notamment :
Le kinésithérapeute invite la patiente à reproduire certains exercices chez elle, pour entretenir et accélérer le travail fait en séance (étirement de la cicatrice, mouvements des épaules).
La capsulite rétractile, plus couramment appelée épaule gelée, est une inflammation de la capsule articulaire de l’épaule (enveloppe de l’articulation), entraînant sa rétractation. Celle-ci se manifeste par une importante douleur, et une baisse de l’amplitude du mouvement.
C’est une complication fréquente des opérations du cancer du sein, particulièrement en cas d’incision au niveau de l’aisselle. En effet, la cicatrice ainsi causée est un obstacle à la bonne mobilité du bras, ce qui entraîne des raideurs.
Les séances de kinésithérapie visent donc deux objectifs : réduire la douleur, puis retrouver une bonne amplitude articulaire.
Bien sûr, le kinésithérapeute adapte la rééducation à l’intensité de votre douleur, ainsi qu’à l’évolution de la pathologie.
La radiothérapie est souvent indiquée en cas de cancer du sein. Après chirurgie, elle peut intervenir sur la glande mammaire, la zone tumorale, les ganglions, ou la paroi thoracique.
Ce n’est pas un traitement anodin ; en effet, elle peut entraîner une grande fatigue, et la zone irradiée peut compromettre la souplesse de votre épaule. Il arrive aussi que la peau réagisse en développant un oedème. La kinésithérapie intervient donc sur plusieurs aspects, pour vous aider à mieux vivre la radiothérapie :
Le cancer du sein est une affection de longue durée (ALD). Pendant les cinq ans suivant la maladie, la kinésithérapie est donc prise en charge intégralement par la Sécurité Sociale. Toutefois, certains actes ne rentrent pas dans la nomenclature de la Sécurité Sociale, et sont donc soumis à une tarification spéciale.
Le nombre de séances dépend du diagnostic médical et de la prescription qui suit. Le kinésithérapeute peut lui aussi définir le nombre et le rythme des séances, ainsi que les actes les plus adaptés à votre cas. Il faut généralement compter 10 séances en première intention. Des séances d’entretien peuvent être nécessaires, dans les années qui suivent le cancer du sein.
Pour la rééducation liée au cancer du sein, vous pouvez vous orienter vers un kinésithérapeute spécialisé en oncologie, ou membre de l’Association française des masseurs kinésithérapeutes pour la recherche et le traitement des atteintes lympho-veineuses (AKTL). La meilleure chose à faire reste de vous renseigner auprès de votre équipe médicale, qui saura vous conseiller de manière personnalisée.
En tant qu’expert en kinésithérapie, je vous rassure : cette sensation de « carcan » est très fréquente et résulte souvent d’adhérences entre votre peau et les tissus profonds. Mon rôle est d’utiliser des techniques de massage manuel spécifiques pour décoller ces fibres et redonner de l’élasticité à votre thorax. Avec des séances régulières, cette compression va diminuer, vous permettant de respirer et de bouger plus librement.
La prévention du lymphœdème repose sur une vigilance quotidienne sans pour autant tomber dans l’angoisse. Je vous conseille d’éviter les traumatismes sur votre bras opéré (coupures, coups de soleil, prises de sang) et de maintenir une activité physique douce mais régulière pour stimuler votre circulation lymphatique. Si vous ressentez une lourdeur ou si votre bras semble gonfler, nous mettrons en place un drainage manuel et, si besoin, un manchon de compression pour stabiliser la situation.
L’épaule et le sein partagent des connexions musculaires et nerveuses très étroites, notamment via le muscle grand pectoral. La douleur que vous ressentez peut venir d’une crispation de défense ou d’un changement de votre posture depuis l’opération. En travaillant ensemble sur la mobilité de votre épaule et le relâchement de vos muscles trapèzes, nous parviendrons à supprimer ces tensions périphériques pour rétablir une fonction normale
Oui, l’auto-massage est un excellent complément à mes soins en cabinet, mais il ne doit débuter qu’une fois la cicatrice parfaitement refermée (sans croûtes). Je vous montrerai les gestes de petits cercles doux à réaliser quotidiennement avec une huile ou une crème hydratante neutre. Cela permet d’assouplir le tissu et d’améliorer son aspect esthétique en stimulant la régénération de votre peau.
Il n’est jamais trop tard pour agir sur une fibrose post-radiothérapie. Même des mois ou des années après, les tissus restent malléables sous l’effet de manœuvres expertes. Nous pouvons utiliser des techniques manuelles ou mécanisées pour assouplir la zone « cartonnée » et soulager les tiraillements tardifs, vous aidant ainsi à retrouver un confort tissulaire durable.
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Article rédigé par Jérôme Auger
kinésithérapeute et ostéopathe DO
Je suis masseur kinésithérapeute du sport et ostéopathe en Ile-de-France. Fondateur IK Kiné et Balneo, je suis spécialisé dans les pathologies liées au sport et dans l’arthrose.
Article rédigé par Jérôme Auger
kinésithérapeute et ostéopathe DO
Je suis masseur kinésithérapeute du sport et ostéopathe en Ile-de-France. Fondateur IK Kiné et Balneo, je suis spécialisé dans les pathologies liées au sport et dans l’arthrose.
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