Tendinopathie des adducteurs

Les adducteurs sont des muscles qui permettent le mouvement d’adduction, c’est-à-dire le mouvement par lequel un membre qui en est éloigné peut se rapprocher du corps. Situés à l’intérieur de la jambe, ils sont au nombre de cinq :

  • Le grand adducteur
  • Le court adducteur
  • Le long adducteur
  • Le gracile
  • Le pectiné

Ces muscles permettent de verrouiller le bassin lorsque nous sommes debout ou en appui sur une jambe. Ils sont également impliqués dans la flexion et la rotation externe de la hanche.

Les blessures et douleurs aux adducteurs sont fréquentes chez les sportifs, en particulier chez les footballeurs. Des facteurs comme la fatigue, le surmenage sportif ou un terrain difficile, peuvent les favoriser.

En particulier, la tendinopathie des adducteurs fait partie des pathologies courantes qui peuvent expliquer la pubalgie du sportif (douleurs dans la zone pubienne). La tendinopathie des adducteurs désigne une inflammation des tendons des adducteurs, faisant suite à des mouvements répétés. Elle entraîne une réduction progressive de l’activité sportive.

tendinopathie des adducteurs une inflammation du tendon - Institut Kinésithérapie Paris

Epidémiologie

La pubalgie est un trouble fréquent chez les sportifs. Elle peut concerner les pratiquants de toutes les disciplines, mais se retrouve surtout dans les sports de pivot comme le football, le rugby ou encore le hockey sur glace. La course à pieds est un autre sport à risques.

Les footballeurs, amateurs comme professionnels, sont particulièrement touchés. D’après des études, la pubalgie représenterait environ 15% des blessures rencontrées au football ; 50 à 70% des joueurs affirment en avoir souffert. Une étude menée sur un échantillon de sportifs de plusieurs disciplines montre que les footballeurs représentent deux tiers des sportifs atteints.

Symptômes

Les douleurs de la zone pubienne (localisées dans le bas-ventre, le pubis ou les adducteurs) sont le principal signe de pubalgie. Elles sont généralement d’apparition progressive, rarement brutale. Au début, le patient ressent une simple gêne. Puis, la douleur est provoquée par certains mouvements précis pendant la pratique sportive (changement brusque de direction, frappe de balle, tacle) et disparaît à l’arrêt du mouvement. Dans un troisième temps, la douleur est quasi permanente.

Hors pratique sportive, la douleur peut se manifester lors de certains gestes de la vie quotidienne : soulèvement d’un objet lourd, mouvement brusque impliquant de pencher le tronc, ou même la toux.

Diagnostic

La tendinopathie des adducteurs est une pathologie parmi d’autres pouvant expliquer la pubalgie du sportif. Les autres troubles en cause sont :

  • La pathologie du canal inguinal
  • La maladie d’insertion des grands droits
  • L’arthropathie pubienne micro-traumatique

Ces différentes maladies sont liées : la pubalgie est rarement le fait d’une seule d’entre elles, et en implique généralement plusieurs.

La pubalgie peut être détectée par un simple examen clinique du médecin, précédé d’un interrogatoire ; des examens complémentaires (radiographie, IRM, échographie) sont en revanche nécessaires pour en préciser les causes, et identifier une tendinopathie des adducteurs.

La pubalgie est généralement simple à diagnostiquer : le sportif se plaint d’une douleur apparue progressivement (ou brutalement dans de rares cas), localisée au niveau du bas-ventre, du pubis et/ou des adducteurs.

Le médecin va d’abord interroger le patient pour identifier les facteurs pouvant expliquer la survenu des douleurs, les plus fréquents étant :

  • Des changements récents dans l’entraînement
  • Des modifications du type de terrain
  • Un changement de matériel (chaussures inadaptées)

L’interrogatoire porte également sur les douleurs ressenties au repos et dans les gestes de la vie quotidienne.

Ensuite, l’examen clinique permet d’affiner le diagnostic. L’objectif est de localiser la zone douloureuse, mais aussi de rechercher des facteurs de risque comme une inégalité de longueur des jambes, ou un déséquilibre du bassin. Des tests sont réalisés sur les muscles de la région pubienne, incluant les adducteurs ; durant ces tests, le spécialiste demande au sportif de lui décrire sa douleur.

Examens complémentaires

Comme la pubalgie peut s’expliquer par plusieurs pathologies, des examens complémentaires sont nécessaires pour préciser le diagnostic. Une radiographie du bassin est généralement réalisée, debout, pieds nus, et en appui sur un pied. En cas de suspicion de tendinopathie des adducteurs, une IRM peut être demandée.

Traitement de première intention

Si le diagnostic confirme une pubalgie des adducteurs, le traitement de première intention est conservateur, avec une phase de repos et de traitement de la douleur, accompagné de massages et d’exercices de rééducation. C’est seulement en cas d’échec de ce traitement classique que la chirurgie est indiquée.

Le repos est la première mesure à prendre pour traiter la tendinopathie des adducteurs. L’activité qui a déclenché la pathologie doit être arrêtée, de même que toutes les activités qui provoquent ou augmentent la douleur. Une fois que le pic de douleur est passé, les activités douces comme le vélo ou le vélo elliptique, peuvent être pratiquées.

Le traitement de la douleur et de l’inflammation repose ensuite sur l’application de glace et la prise d’anti-inflammatoires.

La glace doit être appliquée sur la zone douloureuse, 3 fois par jour pendant 10 à 15 minutes. On peut utiliser une poche de glace, en prenant soin d’interposer un linge, de sorte que la glace ne touche pas directement la peau.

La prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens vient compléter le traitement de l’inflammation. Des antalgiques en vente libre en pharmacie, comme le paracétamol ou l’ibuprofène, permettent de soulager la douleur.

Les massages sont un autre aspect du traitement. Masser les adducteurs quotidiennement pendant une dizaine de minutes permet de les décontracturer, ce qui a pour effet de réduire les douleurs.

Rééducation et reprise du sport

Dès lors que la douleur a diminué, le traitement kinésithérapique peut commencer. Il s’agit principalement d’étirements et d’exercices de renforcement des adducteurs. La rééducation s’effectue progressivement, en complément du repos, et dure généralement entre deux et trois mois.

Dans le cadre du traitement de la pubalgie des sportifs, le travail des adducteurs s’intègre dans une rééducation de l’ensemble de la zone lésée (verrouillage lombaire, renforcement des obliques, transverses et abdominaux).

Après cette période de rééducation, les footballeurs suivent généralement un programme de réadaptation à l’effort. Celui-ci commence par une reprise des sports dans l’axe, comme la piscine, le vélo et la marche. La reprise du football intervient en dernier lieu, de manière progressive et adaptée pour limiter les risques de récidive.

Traitement chirurgical

En dernier recours, une chirurgie peut être proposée. Celle-ci est indiquée lorsque le traitement médical et kinésithérapique bien mené échoue, et que la tendinite n’a pas montré d’évolution significative au bout de 3 mois. L’opération pratiquée est une ténotomie (section d’un tendon). Une rééducation post-chirurgicale est ensuite nécessaire : dans un premier temps, le kinésithérapeute emploie des techniques de réduction de la douleur ; puis les séances sont consacrées au rééquilibrage ainsi qu’au renforcement musculaire, avant d’entamer le programme de réadaptation à l’effort.

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