Douleurs de l’épaule

Les douleurs de l’épaule sont un motif courant de consultation. En effet, l’épaule est la plus mobile de nos articulations, impliquée dans de nombreux gestes du quotidien. Ces douleurs surviennent généralement dans la deuxième moitié de la vie, mais elles peuvent dans certains cas concerner aussi des personnes plus jeunes. On parle d’épaule douloureuse chronique lorsque la sensation est présente depuis plus de trois mois, de manière récurrente.

épaule douloureuse Institut de Kinésithérapie

Epidémiologie

Quelques chiffres et faits sur les douleurs de l’épaule en France :

  • Elles sont le 3e motif de consultation en médecine générale pour ce qui concerne l’appareil locomoteur.
  • Elles apparaissent en moyenne à l’âge de 55 ans
  • Elles concernent 2,5% des cas de consultation pour un problème ostéo-articulaire
  • Elles sont souvent d’origine professionnelle, et peuvent nécessiter un aménagement du poste de travail

Symptômes

Les douleurs chroniques de l’épaule peuvent se manifester par plusieurs symptômes, qui ne se limitent pas toujours à l’épaule elle-même :

  • Une douleur plus ou moins intense au niveau de l’épaule, présente à l’effort, lors de la réalisation de certains gestes, et parfois même au repos
  • Une douleur qui peut éventuellement irradier le bras et même la main
  • Une raideur de l’épaule
  • Un gonflement ou oedème
  • Une diminution de la mobilité de l’épaule
  • Une baisse de la force musculaire du bras
  • Une altération des capacités fonctionnelles de l’épaule et parfois du bras, qui impacte les gestes de la vie quotidienne

Causes

Les causes possibles d’une douleur à l’épaule sont potentiellement nombreuses. Il peut s’agir :

  • De la conséquence d’un traumatisme, lorsque la douleur fait suite à une entorse, une déchirure, une luxation, une rupture tendineuse ou encore une fracture
  • D’une inflammation de la coiffe des rotateurs. La coiffe des rotateurs désigne l’ensemble des 4 muscles qui recouvrent la tête de l’humérus à la manière d’une coiffe : muscle supra-épineux, infra-épineux, petit rond et sous-scapulaire. Les tendons qui rattachent ces muscles à l’humérus sont fréquemment enflammés, causant ce que l’on appelle une tendinite de la coiffe des rotateurs. Cette pathologie est la cause la plus fréquente des douleurs à l’épaule. Elle se développe principalement par un effet d’usure naturelle lié au vieillissement, ou suite à des mouvements répétés, par exemple dans le cadre d’une activité sportive ou professionnelle.
  • D’une conséquence de la pratique d’un sport. En effet, certains sports favorisent l’apparition d’une instabilité de l’épaule, notamment ceux qui impliquent un geste de lancer ou d’armer (volleyball, tennis, lancer de javelot..). Des personnes jeunes et en bonne santé pratiquant régulièrement ces activités peuvent donc développer ce qu’on appelle l’épaule instable du sportif, pouvant entraîner des douleurs.
  • D’une pathologie inflammatoire ou dégénérative de l’épaule, comme l’arthrose ou la polyarthrite rhumatoïde
  • D’un symptôme d’autres pathologies, comme une bursite (lésion inflammatoire des bourses séreuses) ou une calcification des tendons de la coiffe des rotateurs.

Diagnostic

Pour effectuer son diagnostic et comprendre la cause d’une douleur à l’épaule, le médecin procède à un examen clinique complété par un interrogatoire.

L’interrogatoire vise à qualifier la douleur et connaître les antécédents du patient. Il s’agit notamment de:

  • Savoir s’il a subi une blessure, et si son épaule est beaucoup sollicitée au travail ou dans la pratique d’une activité physique.
  • Localiser la douleur (face antérieure ou postérieure de l’épaule)
  • Caractériser la douleur (est-elle inflammatoire ? mécanique ? nocturne ?)
  • Connaître les symptômes associés (raideur, inflammation, gêne fonctionnelle)

L’examen clinique des deux épaules par le médecin permet quant à lui :

  • De rechercher une perte de volume musculaire
  • De rechercher une asymétrie des épaules
  • De tester l’ensemble des tendons
  • De mesurer la force musculaire
  • D’évaluer la mobilité de l’épaule dans les différents axes, lorsque le patient est assis puis couché
  • De mesurer les amplitudes articulaires

Ce premier diagnostic permet déjà d’avoir une idée des lésions pouvant expliquer les douleurs. Des examens complémentaires sont ensuite pratiqués pour confirmer ces hypothèses.

Examens complémentaires

L’imagerie médicale est indispensable en cas d’épaule douloureuse chronique. Elle permet d’explorer les lésions au niveau des os, des tendons et des muscles.

  • La radiographie est quasiment toujours réalisée en première intention. Elle permet d’avoir une vue d’ensemble des structures osseuses, de visualiser des signes indirects d’atteinte de la coiffe des rotateurs, mais aussi de mettre en évidence une arthrose, ou des calcifications péri-articulaires
  • L’échographie est utilisée pour examiner les tissus mous (tendons, muscles, coiffe des rotateurs) . elle permet de confirmer la présence de lésions tendineuses, d’une atrophie musculaire, d’une bursite ou encore de calcifications.

Dans la majorité des cas, échographie et radiographie sont combinées et suffisent à confirmer le diagnostic du médecin. Parfois, en fonction du cas particulier de chaque patient, des examens supplémentaires peuvent être indiqués (IRM, arthroIRM ou encore arthroscanner). Ces examens sont surtout nécessaires lorsqu’une chirurgie est envisagée.

Traitements

Traitements médicaux

Le traitement médical des douleurs chroniques de l’épaule est fondé sur :

  • Le repos de l’articulation
  • La suppression des mouvements inadaptés
  • La prise de médicaments pour soulager la douleur : le médecin peut prescrire des anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou des antalgiques.
  • Des infiltrations locales de corticoïdes. L’infiltration consiste à injecter directement un produit dans la zone douloureuse, en l’occurrence un dérivé de la cortisone, qui permet de réduire ou supprimer directement l’inflammation locale. En cas de tendinite de l’épaule, ce traitement est réalisé dans l’espace sous-acromial, qui est l’endroit où se trouvent les tendons de la coiffe des rotateurs. L’infiltration peut aussi être indiquée en cas d’arthrose, lorsque les antalgiques et les anti-inflammatoires n’ont pas réussi à apaiser une poussée congestive (pic de douleur).

Pour compléter ces différents traitements, des séances de rééducation fonctionnelle chez un kinésithérapeute sont souvent indiquées.

Traitement chirurgical

Certains cas rares peuvent justifier un recours à la chirurgie :

  • Lorsqu’il y a une rupture aiguë de la coiffe des rotateurs, suite à un traumatisme
  • Pour d’autres pathologies, en cas d’échec des traitements médicaux

En fonction de la lésion, différentes interventions peuvent être réalisées.

La première intervention est une décompression sous-acromiale, c’est-à-dire une décompression de la zone sous l’acromion, par où passent les tendons de la coiffe des rotateurs. L’acromion désigne une protubérance de l’omoplate qui s’articule avec l’extrémité externe de la clavicule.

Cette opération est effectuée sous arthroscopie, grâce à une fibre optique qui pénètre dans l’épaule. Elle se décompose en trois temps :

  • Une libération des tendons
  • Un rabotage (aplanissement ou amincissement) de la partie de l’acromion qui agresse le tendon, ce qui permet de limiter les frottements lors des mouvements répétés
  • Enfin, dans le cas où une rupture de la coiffe des rotateurs a été constatée, le dernier temps de l’opération consiste à réparer les tendons déchirés

L’autre type d’opération pratiquée en cas d’épaule douloureuse est l’arthroplastie de l’épaule, c’est-à-dire le remplacement de tout ou partie de l’épaule par une prothèse. L’arthroplastie est indiquée en cas d’arthrose de l’épaule, lorsque celle-ci est très invalidante dans la vie quotidienne et que les traitements médicaux ont échoué.

Rééducation fonctionnelle

L’objectif des séances de rééducation est multiple. Il s’agit principalement :

  • De soulager les douleurs
  • De remobiliser et remuscler progressivement l’épaule douloureuse
  • De récupérer une bonne amplitude articulaire

La rééducation fonctionnelle est donc une part importante du travail, qui peut intervenir :

  • En complément du traitement médical, sans opération
  • Pour préparer le patient avant une intervention chirurgicale
  • Après une chirurgie de l’épaule : en post-opératoire, la rééducation est indispensable pour que le patient récupère une bonne mobilité de l’épaule

La rééducation a lieu au cours de l’hospitalisation, ou en cabinet chez un masseur kinésithérapeute.

Des techniques de massage et de physiothérapie sont employées pour réduire la douleur.
Ensuite démarre la rééducation proprement dite, par un travail de mobilisation passive de l’épaule, puis de mobilisation active, pour que le patient retrouve progressivement des mouvements fonctionnels.

Le kinésithérapeute apprend également au patient à s’auto-rééduquer, par la répétition de certains exercices à son domicile, et l’adoption des bons mouvements pour prévenir la douleur.

Le kinésithérapeute travaille en étroite collaboration avec le médecin et le chirurgien, dont il respecte les directives (interdiction de certains mouvements nocifs, nécessité d’effectuer une rééducation sans douleur).

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